Gouzeaucourt : envers et contre la crise sanitaire, les élèves du collège ont découvert le théâtre

La Voix du Nord
La Voix du Nord | Publié le10/12/2020

Pour la deuxième année consécutive, le collège Pharamond-Savary de Gouzeaucourt a mis en place le projet Résidence d’artistes en collège (RÉSAC), avec une pièce de théâtre travaillée et présentée par les élèves de cinquième.

La résidence s’est achevée ce lundi 7 décembre, avec une représentation sans spectateurs.
La résidence s’est achevée ce lundi 7 décembre, avec une représentation sans spectateurs. – VDN

Pour 2020, ce projet aurait dû se dérouler de janvier à juin. Mais à cause du confinement, il a dû être reporté pour que les élèves puissent le terminer en cette fin d’année. « La résidence a commencé autour du 10 janvier, s’est arrêtée mi-mars et a repris en septembre pour se terminer le 7 décembre avec une représentation de la pièce Le Journal de grosse patate. C’est la même pièce pour les deux classes de cinquième qui étaient trois classes de sixième l’année dernière. Des modifications ont dû être apportées », explique Émilie Jaspart, professeur d’EPS.

Le dossier est monté avec un artiste, sur des heures pratiques. Une soixantaine d’heures en tout, donc une vingtaine par classe. Un transport en bus a également été financé afin d’aller voir un spectacle de théâtre au Phénix de Valenciennes, en janvier.

Pas facile

C’est la compagnie Mimésis de Caudry qui a été choisie par le collège. « L’idée, c’est de créer un spectacle en leur apprenant des techniques de théâtre. Notamment par le corps, l’expression corporelle, sur le thème du journal intime », précise Norbert Hun, directeur artistique. Mais il a fallu changer de forme car il ne pouvait plus y avoir de contact, le masque était obligatoire et la représentation était sans spectateurs (lire ci-dessous). Ça n’a pas été facile de travailler dans ces conditions. La compagnie a une pédagogie théâtrale qui est établie sur le corps. Elle travaille beaucoup avec le corps et les contacts. « On a dû réadapter tout ça en deux séances, sans contact mais avec le corps. Ce n’est pas évident. Et le masque, la diction et l’articulation, c’est difficile. Mais il faut avancer », note Norbert Hun.

C’est Roxane Wachel, intervenante de la compagnie, qui a mené tous les ateliers avec les élèves pour leur faire découvrir le théâtre, leur en apprendre les bases et travailler sur la pièce. Cette dernière parle d’une jeune fille en surpoids, de l’acceptation par elle-même et par ses camarades de son physique, de ses relations avec ses copains et ses copines, de son avenir.

Capucine Niguet, 12 ans, trouve ce projet très bien, « parce que l’on a pu comprendre ce que c’était le théâtre. Et apprendre à mieux parler. » « le théâtre, c’est quelque chose qui me passionne. C’est amusant d’apprendre les textes. On joue avec les émotions. Et ça permet de nous rapprocher », juge Lucas Lelong, 12 ans et demi.

Ce projet est financé entièrement par le Département du Nord, à destination des collégiens en milieu rural. Pour 2021, les sixièmes travailleront sur le « monstre ».

Une représentation sans spectateurs

Pour les 54 élèves qui ont participé au projet, le dernier jour de résidence était particulier. Organisé comme pour un artiste, il a été composé deux heures de répétition pour chacune des deux classes, avec quelques rectifications en début après-midi.« À 15 heures, la 5e1 a montré sa représentation, et à 15 h 30, nous avons inversé. On ne peut pas accueillir de parents, ni d’extérieurs… Les deux classes sont actrices et spectatrices de l’une et de l’autre. Ça nous tenait à cœur de pouvoir se produire, on est passé par des hauts et des bas », dit Émilie Jaspart. « Notre but est de leur apprendre à se présenter et à tenir sur scène avant tout. Ils l’auront au moins fait une fois », ajoute Norbert Hun.

Pour la fin de l’année, un montage vidéo devrait être réalisé avec des photos, des prises de vue, des interviews… pour le montrer aux parents. « Les parents sont frustrés de ne pas pouvoir les voir. On espère que cela sera possible, que les conditions le permettront », conclut Émilie Jaspart.