Mon(s) idéal et le collectif La Meute

Depuis le 9 mars 2021, le collectif La Meute est arrivé au collège Rabelais de Mons-en-Baroeul pour des interventions dans deux classes de 4è. Ces deux classes avaient fait connaissance avec Claire Pasquier, metteuse en scène, Sarah Théry, chanteuse lyrique, et Bastien Poncelet, danseur et performeur, l’an dernier dans le cadre d’un de leurs projets d’opéra participatif. 

Cette année, ce sont les élèves qui deviennent artistes, et expérimentent la vie et le travail d’un collectif autour du processus de création d’une œuvre d’art. Les trois membres de La Meute, avec leurs compétences variées et leur regard expert, sont présents pour faire bénéficier chacun des groupes d’élèves de leurs conseils et de leur aide dans la conception puis la réalisation de ces œuvres. 

Les grandes étapes du projet : 

– En amont de l’arrivée du collectif, les élèves ont constitué des groupes (de 4 à 6 élèves) en cours de français et ont choisi dans chaque groupe une association de leur ville Mons-en-Baroeul. Ils ont invité et interviewé au collège un ou deux membres de ces associations et rédigé un article pour rendre compte des activités et fonctionnement de celles-ci.

– Claire, Sarah et Bastien ont ensuite investi les cours de français, musique et sport à raison de 3 à 4h par semaine dans chaque classe pour partager leurs expériences, présenter une méthodologie de travail et mettre les élèves en action. Le projet est prévu pour durer 7 semaines. Objectif dans chaque groupe : créer une œuvre d’art en lien avec l’association rencontrée et présenter cette œuvre devant un public lors de la dernière semaine du projet.

– Poser une question : A l’origine de l’oeuvre, une question, qu’on se pose, qu’on veut poser aux autres, partager avec le public

A partir de la rencontre avec les associations, les élèves, dans chaque groupe, sont invités à réfléchir à ce que cette rencontre leur a fait découvrir, à la façon dont cela les interroge, les touche, les concerne afin de dégager une question qu’ils vont creuser, approfondir, « transformer » en œuvre à destination d’un public.

Pour rendre les élèves sensibles à cette question qui traverse l’oeuvre en direction du public, le collectif La Meute leur présente différentes œuvres d’art et leur demande, à travers un jeu de rôles, de réagir à tour de rôle en tant qu’artiste, en tant que public, en tant qu’institution. Quel est l’effet sur le public de ces grands drapeaux noirs (Black Flags, William Forsythe) qui balayent l’espace, actionnés par les bras d’un robot ? Quelle  pourrait être l’intention de l’artiste, sur quels sens a-t-il cherché à jouer (un Nocturne de Frédéric Chopin, la performance Eclairage de Piotr Pavlenski)? Et qu’en pense le directeur du musée, de la salle de concert qui a décidé d’accueillir cette œuvre ? 

– Travailler en groupe : écouter, s’ouvrir aux autres

Dans ce projet, la création n’est pas individuelle, elle interroge le travail collectif, dans ses richesses mais aussi ses difficultés. Chaque séance s’ouvre ainsi sur de petits exercices d’échauffement qui doivent à la fois éveiller le corps et l’esprit mais aussi faire travailler l’écoute et souder le groupe. Proposés par la Meute la première semaine, les exercices sont ensuite inventés et testés par les élèves en cours de sport et mis ensuite en pratique en début de séance. 

Pendant la suite de la séance, un petit cahier sert à garder la trace des idées de chacun, des décisions et avancées du groupe. Pas toujours facile de laisser la parole à chacun, de s’écouter les uns les autres mais Claire, Sarah et Bastien sont là pour aider, soutenir les voix plus discrètes, faire émerger les idées de tous. 

– Créer : prendre le temps, être curieux, se faire confiance

L’intérêt d’un projet sur la durée, c’est de montrer/faire l’expérience que la création n’est pas immédiate, automatique, elle passe par des tâtonnements, des recherches, des confrontations ou enrichissements à partir d’autres œuvres ou d’autres projets, elle s’arrête sur des essais, des sur-place, elle fait des retours en arrière et puis bondit et s’éclaire. L’intérêt d’un projet sur la durée, c’est de faire la place au temps, de laisser le temps de la recherche, de rechercher et de prendre confiance en soi, en ses idées, de voir le projet se construire et se réaliser. 

Suspension, le temps d’une pause de 4 semaines, Covid oblige …. 

A très bientôt ! On vous tient au courant de la suite ! 

Ça y est !! Reprise des créations après un long mois de suspension ! 

– Réaliser : valoriser et développer ses compétences

Grâce à l’engagement des artistes, au soutien indéfectible de la direction et à la capacité d’adaptation des élèves, le travail de création reprend et se poursuit. 

Les élèves révèlent leurs talents, découvrent leur complémentarité, apprennent à aller plus loin, sous l’oeil de loup (souriant) des artistes de la Meute …

… et grâce à l’aide du professeur documentaliste, toujours présent quand on on a besoin d’un coup de main et d’un lieu spacieux et convivial. 

Mais dans certains groupes, on expérimente aussi les notions de responsabilité et d’engagement : oups, les vidéos tournées avant les vacances ont disparu, faute de sauvegarde avant la réinitialisation du téléphone ! Les interviews qui devaient être faites pour la reprise ?? Chacun a laissé passer le temps et l’envie … Ce qu’on apprend alors, c’est à s’adapter, à trouver des solutions à partir de ce qu’on a, et on découvre qu’on a des ressources car la date de la restitution des projets est fixée, et le public sera là … 

(à suivre)

Derniers préparatifs 

Et puis tout s’accélère, la pression monte, les énergies se réveillent, c’est l’effervescence de la dernière semaine car la date et le lieu sont fixés : la restitution aura bien lieu, le vendredi 28 mai, dans la nouvelle salle polyvalente du collège qui accueillera à cette occasion son premier spectacle. Avec Claire, on ajuste le son et l’image dans les projets vidéo …. 

Avec Sarah et Bastien, le groupe Comédie musicale s’exerce une dernière fois pour les chansons et chorégraphies, chacun s’active et tend ses forces pour l’objectif commun …. 

Il y aussi toute la partie technique dans la salle qui est importante : trouver les câbles pour le son, vérifier que les images s’enchaînent bien …. 

…. installer les chaises pour bien respecter le protocole sanitaire ainsi que le décor car deux des projets sont des expositions (photos et planches de BD). 

Tout donner !!

Le Jour J est enfin là ! Chacun se prépare à présenter son œuvre mais aussi découvrir les créations de ses camarades. Car les deux classes de 4è participent à la restitution et sont à la fois acteur et public. Et comme les groupes ont travaillé en parallèle, même au sein de leur classe, les élèves n’ont encore rien vu ni entendu de ce qu’ont fait les autres. 

C‘est parti pour deux heures de spectacle avec Bastien en maître de cérémonie, sous l’oeil attentif et bienveillant de nos deux invités de marque, M. Khiter, le principal du collège, et Mme Pruvost, de la Direction des sports et de la culture. 

Après chaque présentation, les élèves sont invités à monter sur scène pour expliquer le processus de création de leur œuvre et répondre aux questions du public. 

Le programme est riche et varié : toutes sortes de moyens d’expression artistique ont été expérimentés, et les spectateurs, captivés, découvrent successivement : le film documentaire Rêves d’enfants, la création théâtrale En famille, le court-métrage Avec ou sans, la création sonore Clé de l’amitié, le manga Matrioshka, l’installation de polaroïds Une pose, 1000 voyages, la performance Je ne suis pas là demain, la vidéo Gardien, le spectacle se terminant en rythme et en musique par la comédie musicale La Convivialité, qui porte particulièrement bien son nom pour conclure ces moments de partage et d’échanges particulièrement enthousiasmants. 

Un immense merci à tous ceux qui ont contribué à ces trois mois de projet, Mme Pruvost et le dispositif RESAC pour leurs soutien et financement, M. Khiter pour son aide et sa capacité d’adaptation face aux nombreux aléas sanitaires. 

Une multitude de félicitations aux élèves pour leur imagination, leur créativité et leur engagement sur la durée.

Et pour finir, toute notre admiration à Claire, Sarah et Bastien, trois artistes EXCEPTIONNELS qui ont su faire éclore ce foisonnement de talents !

Marie odile Centlivre (professeure de français), Caroline de Croos (professeure d’EPS) et Catherine Bolder-Tessier (professeure de musique), Julien Cognet (professeur documentaliste)