Cyrano de Bergerac revu par les élèves de Jean Rostand à Sains du Nord

Projet Blaise Cyrano

La troupe de théâtre la Baraque Liberté et les élèves de 3e et 4e du collège Jean Rostand créent leur version de Cyrano de Bergerac dans le cadre du dispositif Resac

Dessin de Capucine Ducatillon

Comment dire l’amour aujourd’hui ? A l’heure du digital, du numérique, de l’instantané ? A l’heure où les emojis, les raccourcis, les images, les textos, sont devenus le mode de communication privilégié ? 

C’est à cette question que les élèves du collège Jean Rostand et l’équipe de La Baraque Liberté tentent de répondre, en confrontant un monstre du dialogue amoureux, tel que Cyrano, à la parole de collégiens. Ils prennent appui pour ce travail sur une adaptation moderne de l’histoire de Cyrano de Bergerac, « Blaise Cyrano » d’Arthur Ténor. 

L’action prend place dans un collège, proche de la réalité des élèves, mais les mots restent plus romancés, plus versifiés, et de prime abord loin de ceux qu’ils pourraient utiliser pour se faire la cour, ou se « pécho », comme ils pourraient dire. 

Le travail de l’acteur

Mais avant de dire l’amour, il faut pouvoir « dire », travailler sa voix et son corps dans l’espace. Oser prendre la parole devant un public. Les comédiens accompagnent les élèves, dans cette prise de parole, en leur proposant différents exercices, corporels et musicaux. L’objectif étant de dépasser la gêne première et trouver sa place et sa voix dans un groupe ou même seul.

La création

Après avoir acquis les bases du travail théâtral, les élèves appréhendent le « jeu ». Comment interprète-t-on un personnage, qui est-il, comment bouge-t-il, comment parle-t-il ?

Il faut également faire exister l’ensemble de la pièce. Connaître son texte certes, mais aussi, les mouvements, les actions, les changements de décors. Afin de pouvoir passer d’un bal, à un café, à un balcon.

La cohésion

L’exercice théâtral focalise l’attention, l’énergie des élèves vers un objectif commun. Ils apprennent, au travers d’exercices, à se faire confiance, à s’écouter, car ils comprennent que l’enjeu est collectif. Que la réussite de la création dépend de chacun, et qu’il faut oeuvrer pour que tous se sentent investis. Que chacun puisse prendre part, c’est-à-dire trouver sa place.

Paroles d’élèves

« Au début on appréhendait, mais maintenant c’est comme si on était une petite famille. Ça nous rapproche les uns des autres, on a appris à se connaître, et puis ça nous exerce pour l’oral ».