Le Journal Filmé avec les élèves de 5ème du collège de Solre-Le-Château

Depuis le mois de janvier, les élèves des quatre classes de 5ème du collège du Solrezis à Solre-Le-Château (aux côtés de leur professeure d’Arts Plastiques Mathilde Desbonnet) participent à la résidence menée par le cinéaste et vidéaste Max René autour de la pratique du journal filmé.

Après plusieurs séances d’éducation aux images, d’analyses et de discussions autour du cinéma et de ce genre cinématographique en particulier, les élèves ont commencé leur travail, individuellement ou en binômes.

Pour mémoire, le journal filmé est une forme documentaire dans laquelle le réalisateur est aussi le cadreur des images qu’il tourne. La caméra est donc à l’égal de son œil, le film est à la première personne, et le réalisateur parle souvent de son environnement proche, de ses sensations, son quotidien… Le journal filmé est un peu à l’image du journal intime, une confession, un regard sur soi-même et le monde qui nous entoure, mais toujours avec la possibilité de tricher avec le réel ou non.

Chaque élève a droit à 3 mn de rushes maximum. Il doit choisir un sujet de son quotidien et tenter de le filmer de la façon la plus sensible et originale possible, avec les outils dont il dispose (téléphone portable, caméra, webcam, tablette…). Pour accompagner ses images, il doit également fournir un texte qui puisse soit compléter ce qu’il a filmé, soit créer une distance pour en renforcer le sens.

Des thématiques guident le projet : l’évasion (mentale, physique, sociale, familiale…), le rêve (éveillé ou en sommeil) ou encore l’imagination.

L’objectif final pour Max René est de monter un film long avec tous les rushes des élèves et de retracer un scénario avec leurs différentes histoires. L’idée étant de faire participer tous les élèves à une œuvre commune pour laquelle ils auront eu une démarche individuelle et intime. De plus, cette expérience leur montrera en pratique le pouvoir du montage et sa réécriture du réel.

Avec le confinement, les élèves sont motivés par une contrainte décisive et génératrice d’idées et de potentialités. L’enfermement les pousse à mieux se concentrer sur leur environnement, leur frustration à développer leur imaginaire et leurs envies d’évasion. C’est ce que nous apprend la forme documentaire (et la pratique du cinéma en général) : s’adapter et tirer parti des imprévus.